> EXPOSITIONS TEMPORAIRES : Serge Gainsbourg
Le Musée de la musique consacre une exposition à Serge Gainsbourg à l’heure où sa popularité prend une envergure internationale. Tandis qu’à Londres et à New York, la pop contemporaine redécouvre les talents de poète et de mélodiste du French artist, Tokyo connaît une véritable « gainsbourgmania », mixant et samplant ses compositions.
Le commissariat de l’exposition a été confié à l’artiste et illustrateur sonore Frédéric Sanchez. Tranchant avec les usages, à mi-chemin entre une exposition et une installation, le projet est l’hommage d’un artiste d’aujourd’hui à l'une des grandes personnalités musicales françaises du XXe siècle.
Tour à tour peintre, écrivain, poète, auteur, interprète, compositeur, acteur, réalisateur,
Serge Gainsbourg (1928-1991) fut un artiste qui, sa vie durant, a utilisé l’image,
et la sienne en particulier, sous toutes ses formes, donnant à voir un univers esthétique qui abolit les frontières des « arts majeurs » et des « arts mineurs ». L’exposition met en valeur les différents aspects de cette oeuvre protéiforme, dont la particularité fut d’avoir été pendant quarante ans, à l’instar de celle de David Bowie en Angleterre ou de Bob Dylan aux États-Unis, un catalyseur des époques qu’il a traversées. Gainsbourg fut toujours en avance sur son temps : son écriture, ses compositions, ses collaborations,
ses orientations esthétiques et même la conduite de sa vie privée ont bien souvent précédé et influencé l’évolution des moeurs et celle des mouvements artistiques et culturels. Chez Gainsbourg, sampling, mixage, remixage, emprunt, citation, autocitation et détournement prédominent, en préfigurant les images et les sons de la culture d’aujourd’hui.
> HISTORIQUE DES COLLECTIONS
En même temps que la Cité de la Musique institua le Conservatoire National de Musique en 1795, la Convention décida de lui adjoindre une collection "d'instruments antiques ou étrangers, et de ceux à nos usages qui peuvent par leur perfection servir de modèle ". En 1796, 316 instruments, dont certains de grande valeur provenant des saisies révolutionnaires effectuées chez les émigrés furent transférés au Conservatoire.
Si le souhait des fondateurs et des premiers dirigeants de l'établissement était de conférer à cette collection d’instruments une dimension patrimoniale, il était cependant prévu de n’en réserver l’accès qu’aux professionnels de la facture.
Malheureusement, les besoins de l'enseignement musical, mission fondamentale de la nouvelle institution passèrent au premier plan, au détriment de la mission de conservation. De la collection d'origine, ne subsiste aujourd'hui qu'une douzaine de pièces (violons, altos, violoncelles et cors) tous très endommagés.
Il faut attendre 1861 pour que le Musée instrumental ouvre enfin au public, avec l'achat par l'Etat de la collection du compositeur Louis Clapisson. De grandes donations viendront aussi enrichir les collections, notamment celle de Paul Cesbron en 1934 et plus récemment celle des héritiers de Geneviève Thibaut de Chambure, musicologue renommée et conservateur de ce musée de 1961 à 1973.