> PRESENTATION DU MUSEE D'ART ET D'HISTOIRE DU JUDAÏSME
Organisé en association loi de 1901, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme a été ouvert, en 1998, grâce à la volonté commune de la Ville de Paris et de l’Etat. La Ville de Paris et le Ministère de la Culture se sont en effet engagés dès l’origine à parité, tant pour les nécessaires investissements de départ que pour le fonctionnement annuel du musée.
Héritier des collections du musée privé juif de la rue des Saules, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme a également bénéficié, à son ouverture, de la mise à disposition par la Ville de Paris de l’hôtel de Saint-Aignan et du dépôt par le ministère de la Culture d’importantes collections dont la collection Isaac Strauss provenant du Musée de Cluny.
Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme est géré par un conseil d’administration composé de représentants du Ministère de la Culture et de la Communication, de la Ville de Paris et des institutions majeures de la communauté juive française. Cette association est présidée par Me Théo Klein, ancien président du CRIF.
L’association du musée a pour objet :
de présenter les deux mille ans de vie des communautés juives de France et de les situer dans l'histoire générale du judaïsme.
de conserver, étudier, diffuser et mettre en valeur des collections muséographiques publiques ou privées, des fonds d'archives et de documentation se rapportant à l'art et à l'histoire des juifs.
d'organiser la diffusion et la rencontre de toutes formes d'expressions artistiques se rapportant à la culture juive dans sa diversité.
Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme bénéficie de l’appellation « Musée de France ».
> HISTOIRE DES COLLECTIONS
Objets de culte hébraïques des XVIIe et XVIIIe siècles, tels que présentés au tournant du siècle dans une vitrine du musée national du Moyen Âge, à Paris.
Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme est le successeur du musée d'Art juif de Paris, créé en 1948 par une association privée soucieuse de rendre hommage à une culture disparue dans la tourmente de la Shoah. Les premiers fonds de ce musée furent constitués par un reversement d'objets de culte effectué en 1951 par l'organisation américaine Jewish Restitution Successor Organization, chargée de la redistribution des biens culturels juifs spoliés par les nazis. Puis, à l'instigation du fondateur du musée, Léon Frenkiel, fut développé un fonds documentaire sur l'architecture des synagogues d'Europe.
Les acquisitions des premières années portèrent essentiellement sur les objets religieux européens et s'attachèrent aussi à représenter le domaine du judaïsme maghrébin. Enfin, son premier conservateur, Marie Chabchay, entreprit de bâtir une collection étroite mais rigoureuse d'oeuvres graphiques d'artistes juifs russes et allemands, auxquelles s'ajoutèrent des oeuvres d'artistes de l'école de Paris puis, dans une période plus récente, des dons divers.
L'autre fonds constitutif provient du musée national du Moyen Âge. Cette collection, qui a joué un rôle fondateur dans la reconnaissance de l'art juif, avait été réunie par Isaac Strauss, un Juif d'origine alsacienne né à Strasbourg en 1806 et émigré à Paris en 1827. Nommé par Louis-Philippe à la direction des bals de la Cour, puis directeur de la musique de l'établissement thermal de Vichy, il conserva ces charges sous le Second Empire. Sa villa de Vichy abritait un important mobilier et des oeuvres d'art. Au cours de voyages qui le conduisirent dans l'Europe entière, il fit l'acquisition de pièces de mobilier, d'objets liturgiques et de manuscrits hébraïques, constituant ainsi une collection pionnière d'une qualité exceptionnelle.
Celle-ci doit son influence décisive dans la formation d'importantes collections juives, au tournant du siècle, à sa présentation dans le cadre de l'Exposition universelle de 1878, au palais du Trocadéro ; les objets furent décrits par Georges Stenne dans un catalogue agrémenté de croquis très lisibles, qui constitue la première référence des bibliographies sur l'art juif.
Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme a entrepris, depuis sa création, en 1988, d'enrichir ces fonds en privilégiant le domaine français, l'histoire des Juifs, l'art cultuel, l'ethnographie et les oeuvres des artistes juifs.
Les dépôts du musée d'Art juif et du musée national du Moyen Âge, dont proviennent également les stèles hébraïques médiévales, ont pu être complétés, grâce à ceux du musée national d'Art moderne -Centre Georges-Pompidou, du musée du Louvre, du musée d'Orsay, du musée national des Arts d'Afrique et d'Océanie, et du musée national de la Céramique de Sèvres.
La collection d'art cultuel a connu un accroissement considérable grâce aux dépôts du trésor des synagogues parisiennes par le Consistoire israélite de Paris et de la Moselle, de textiles liturgiques par le Musée juif de Prague, et d'un ensemble d'objets d'art populaire du Musée historique lorrain de Nancy.
La Fondation du judaïsme français a joint aux collections du musée plusieurs oeuvres d'art moderne et contemporain, et le musée Carnavalet a complété la collection de stèles médiévales.